La sécheresse oculaire est l’une des maladies de la surface oculaire les plus fréquentes dans le monde, mais elle demeure l’une des affections les moins reconnues en santé oculaire.¹ De nombreuses personnes attribuent les sensations de brûlure, la vision fluctuante, la fatigue oculaire ou l’irritation à une longue journée, aux allergies ou à une utilisation accrue des écrans, sans réaliser que ces symptômes peuvent indiquer une maladie chronique qui bénéficierait d’une évaluation et d’une prise en charge par un professionnel de la vue.²
À mesure que notre compréhension de la sécheresse oculaire évolue, le profil des personnes touchées évolue lui aussi. Bien que le vieillissement demeure un facteur de risque important, les modes de vie de plus en plus numériques font en sorte que la sécheresse oculaire n’est plus considérée comme une affection touchant principalement les personnes âgées.¹
Le visage de la sécheresse oculaire évolue
Pendant de nombreuses années, la sécheresse oculaire a été principalement associée au vieillissement. Bien que la production de larmes et la qualité du film lacrymal changent naturellement avec le temps, l’âge n’est qu’un des nombreux facteurs pouvant contribuer à la sécheresse oculaire.¹

Les exigences visuelles d’aujourd’hui ont considérablement changé. Les adultes et les enfants passent plusieurs heures par jour à utiliser des ordinateurs, des téléphones intelligents, des tablettes et d’autres appareils numériques. Lors d’une utilisation prolongée des écrans, la fréquence des clignements diminue, ce qui contribue à une évaporation accrue des larmes et à une instabilité du film lacrymal.¹
Par conséquent, les professionnels de la vue observent aujourd’hui la sécheresse oculaire chez un éventail d’âges et de modes de vie plus large que jamais.¹ Bien que l’utilisation des écrans ne soit pas la seule cause de la sécheresse oculaire, elle contribue de plus en plus à l’inconfort de la surface oculaire et à la prévalence des symptômes de sécheresse oculaire.¹
Comprendre la sécheresse oculaire
La Tear Film & Ocular Surface Society (TFOS) définit la sécheresse oculaire comme une maladie multifactorielle de la surface oculaire caractérisée par une perte de l’homéostasie du film lacrymal, accompagnée de symptômes oculaires.²
En termes simples, la sécheresse oculaire se développe lorsque les yeux ne produisent pas suffisamment de larmes, lorsque les larmes s’évaporent trop rapidement ou lorsque le film lacrymal devient instable.² Puisque les larmes jouent un rôle essentiel dans la protection et la nutrition de la surface oculaire, tout en contribuant au maintien d’une vision claire, une perturbation du film lacrymal peut avoir un impact important sur le confort et la qualité visuelle.²
Pourquoi la sécheresse oculaire passe-t-elle souvent inaperçue?
L’une des raisons pour lesquelles on dit souvent que la sécheresse oculaire « se cache à la vue de tous » est que ses symptômes sont fréquemment banalisés et considérés comme faisant partie du quotidien.
Les symptômes couramment signalés comprennent :
- Une sensation de brûlure ou de picotement
- La fatigue oculaire
- Une vision fluctuante ou brouillée
- Des rougeurs
- Une sensation de sécheresse ou de grain de sable
- Un larmoiement excessif
- Une sensibilité à la lumière²
Près d’une personne sur trois dans le monde est touchée par la sécheresse oculaire, mais de nombreux cas demeurent non diagnostiqués.¹ La reconnaissance précoce des symptômes constitue une étape importante vers une évaluation appropriée et une prise en charge appropriées.
Qui est à risque?
La sécheresse oculaire peut toucher tout le monde, mais certains facteurs augmentent la probabilité de développer cette maladie, notamment :¹
- Le vieillissement
- L’utilisation prolongée des appareils numériques
- Le port de lentilles cornéennes
- Les facteurs environnementaux, comme le vent, la climatisation et un faible taux d’humidité
- Les changements hormonaux liés à la ménopause ou à la grossesse
- Certains médicaments systémiques
- Les maladies auto-immunes
- Les antécédents de chirurgie oculaire
Chez de nombreuses personnes, la sécheresse oculaire résulte d’une combinaison de plusieurs de ces facteurs plutôt que d’une seule cause.
Pourquoi le dépistage précoce est-il important?
Comme plusieurs symptômes de la sécheresse oculaire ressemblent à ceux des allergies, de la fatigue visuelle liée aux écrans ou de la fatigue oculaire générale, la maladie passe souvent inaperçue.
L’un des outils de dépistage les plus utilisés est l’Ocular Surface Disease Index (OSDI®), un questionnaire validé qui permet d’évaluer à la fois la fréquence des symptômes de sécheresse oculaire et leur impact sur les activités liées à la vision.⁴ Le questionnaire OSDI complet comprend 12 questions, tandis que des versions abrégées de six questions peuvent être utilisées comme outil de dépistage rapide dans certains contextes cliniques.⁴

Bien que l’OSDI® soit un outil efficace pour identifier les symptômes compatibles avec la sécheresse oculaire, il ne constitue pas un test diagnostique. Un examen complet réalisé par un professionnel de la vue est nécessaire pour confirmer le diagnostic et déterminer la cause sous-jacente des symptômes.²
Une approche personnalisée de la prise en charge
Puisque la sécheresse oculaire est une maladie multifactorielle, une prise en charge efficace repose rarement sur une seule intervention.³ Les plans de prise en charge sont plutôt adaptés aux signes, aux symptômes et aux causes sous-jacentes propres à chaque personne.
Selon les constatations cliniques, les stratégies de prise en charge peuvent comprendre :
- Favoriser la stabilité du film lacrymal
- Maintenir la santé de la surface oculaire
- Améliorer l’hygiène des paupières
- Prendre en charge le dysfonctionnement des glandes de Meibomius
- Modifier certains facteurs environnementaux ou certaines habitudes de vie
- Offrir un soutien nutritionnel, lorsque cela est approprié
- Recommander des gouttes oculaires lubrifiantes et d’autres interventions thérapeutiques par un professionnel de la vue
Une approche complète et graduelle permet d’adapter la prise en charge à l’évolution des besoins de chaque personne.³
Le rôle important des professionnels de la vue
Une évaluation complète permet aux professionnels de la vue d’examiner la surface oculaire, de déterminer les facteurs contribuant à la maladie et d’élaborer des plans de prise en charge fondés sur les données scientifiques et adaptés à chaque personne.³
À mesure que la recherche fait progresser notre compréhension de la sécheresse oculaire, le dépistage précoce et le suivi continu demeurent des éléments essentiels d’une prise en charge efficace à long terme.³
Faire progresser les soins de la sécheresse oculaire grâce à l’innovation
Depuis plus de 37 ans, I-MED Pharma se consacre à faire progresser la compréhension et la prise en charge de la sécheresse oculaire et des maladies de la surface oculaire. Fière entreprise canadienne, I-MED Pharma soutient les professionnels de la vue grâce à un portefeuille complet de solutions de prise en charge de la surface oculaire, de ressources éducatives ainsi qu’à des activités continues de recherche et d’innovation.
En combinant la recherche scientifique, la collaboration clinique et l’éducation, I-MED Pharma demeure engagée à mieux faire connaître l’une des maladies de la surface oculaire les plus fréquentes au monde, mais aussi l’une des plus souvent négligées.
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Réferences
1. Stapleton F, Alves M, Bunya VY, et al. TFOS DEWS II Epidemiology Report. The Ocular Surface. 2017;15(3):334-365.
https://www.tfosdewsreport.org/report-epidemiology_report/71_36/en/
2. Craig JP, Nichols KK, Akpek EK, et al. TFOS DEWS II Definition and Classification Report. The Ocular Surface. 2017;15(3):276-283.
https://www.tfosdewsreport.org/report-definition_and_classification/48_36/en/
3. Jones L, Craig JP, Markoulli M, et al. TFOS DEWS III: Management and Therapy. American Journal of Ophthalmology. 2025.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0002939425002740
4. Schiffman RM, Christianson MD, Jacobsen G, Hirsch JD, Reis BL. Reliability and Validity of the Ocular Surface Disease Index. Archives of Ophthalmology. 2000;118(5):615-621.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10815152/